La capacité primordiale du clown est d'écouter, c'est-à-dire de prendre les propositions du partenaire, de recevoir ce qui se passe sur la scène ; il " encaisse ", il se permet d'être en contact avec la proposition qu'il vient de recevoir de ce que celle-ci " lui fait ", après seulement, il envoie au partenaire sa réponse en accord avec son ressenti.
Le fait de se donner, l'espace de sentir avant de répondre, est une technique de base dans le travail du clown appelée, dans le jargon théâtral, le " ping-pong ", ceci est également un principe essentiel en Gestalt-thérapie. En fonction de la conscience de ce qui se passe en nous et en résonance avec ce qui nous vient du dehors : S'AJUSTER au monde créativement.
Souvent, en travaillant son clown, il arrive que le participant se bloque à un endroit ou à un autre :
soit qu'il contacte un endroit trop douloureux pour pouvoir le raconter, avec la petite distance qu'implique le jeu,
soit que, sans s'en rendre compte, il évite quelque chose,
soit qu'il éprouve une peur vague qui l'immobilise, lui fait prendre la tangente, diminue sa spontanéité, ou l'entraîne dans les stéréotypes.
C'est à ce moment-là que la Gestalt vient à la rescousse, comme une parenthèse intime où le participant, protégé, accompagné par l'animateur et soutenu par le groupe, peut aller en lui-même, " hors-jeu ", accueillir ce qui se passe, faire des liens entre passé et présent, et donner du sens au refus de son clown.
Je trouve extraordinaire le génie du clown à venir débusquer par son propre blocage, sorte de cri muet, l'endroit d'une blessure qui nous demande encore du soin et du respect.
C'est comme si, à ce moment-là, sagement, il choisissait de se taire, de se retirer un moment pour faire la place à la personne démunie.
Entre clown et Gestalt, entre Gestalt et clown, c'est ce dernier qui nous signale l'urgence et nous guide droit au cœur d'un thème à travailler en Gestalt et celle-ci, à son tour, permet au clown de revenir après son petit repos en coulisse plus vivant, plus audacieux.
Dans ce parcours qui s'étend sur l'année scolaire, trois week-ends sont réservés à l'entraînement de masque neutre et au travail sur la voix du clown.
Il est nécessaire, pour trouver son clown, d'oser quitter ou de déconstruire, en quelque sorte, notre voix réaliste pour se risquer au dérapage vocal, explorer nos timbres inattendus, les rythmes et les audaces de notre voix-clown, trouver son chant, apprivoiser ainsi notre capacité à improviser musicalement en solo et en choeur.
Nous serons soutenus et stimulés soutenus et stimulés dans ce travail par Nico MORELLI, pianiste de Jazz et improvisateur. |