Masque neutre …

Masque neutre – Strip-tease-clown 2017-2018

2 stages de 4 jours, séparés de 6 mois, en résidentiel

  • Première bouture : Masque neutre-strip-tease clown, les 9, 10, 11 et 12 novembre 2017,
  • suivi de la seconde bouture : Masque neutre-strip-tease clown, les 10, 11, 12 et 13 mai 2018.

Stage en résidentiel en Normandie

Les deux premiers jours sont réservés au Masque neutre, qui ouvrent pour les deux jours suivants le Strip-tease clown.
Animé par Rosine ROCHETTE et Sosthène GALBRUN 
Lieu : Le Tertre, 61360 MONTGAUDRY, dans Le Perche ornais, en Normandie. (À 170 km de Paris.)
Pour ce stage, téléphoner à Rosine Rochette au 01 42 40 98 25 ou au 06 75 08 81 06.
Itinéraire

Descriptif de ce stage :

Les deux premiers jours sont destinés au travail

du masque neutre :

Stage Le masque neutre

Le travail du masque neutre est une voie d’accès royale pour rejoindre les techniques du jeu masqué, que ce soit le masque de caractère ou le nez, le masque du jeu clownesque.

Par sa présence symbolique, à la limite de l’abstraction, il protège celui qui le porte des aveux qui pourraient échapper de son visage et empêche le public d’accéder à l’intimité psychologique de l’acteur.

En revanche, il oblige celui qui joue, de sentir ce qui se passe en lui et dans la situation scénique au plus profond de ses cellules, et de l’exprimer avec le corps tout entier, conscient du fonctionnement de chacun de ses muscles, au plus intense y compris dans la finesse.

Le masque neutre dans son impressionnante immobilité transcende le jeu de celui qui le porte et le hisse à la dimension du sacré même dans les situations de comédie.

De quel alphabet dispose-t-on dans ce travail du masque neutre ?

Tout d’abord à la base, on revient, bien sûr, à la notion de « ping-pong » qui permet d’improviser : chacun son tour envoie une balle à son partenaire qui la reçoit, prend le temps de sentir l’impact, avant d’y répondre et de préciser intérieurement pour lui-même, son intention avant de l’agir. (On rejoint par là les notions d’awareness et d’ajustement créateur de la Gestalt.)

En clair, c’est accepter la proposition de jeu du partenaire et y répondre en fonction de nous-mêmes.

Il n’y a pas de mots dans le travail du masque neutre. La parole est dans la clarté du mouvement du corps.

Ce fameux alphabet à disposition :

  • C’est d’abord le rythme. Le temps d’arrêt avant de poser un acte. Les différentes vitesses de jambes pour se déplacer qui, par elles-mêmes, représentent un langage significatif. La notion de rupture de rythme : savoir passer, par exemple, de la rapidité à la lenteur d’une façon nette, également de basculer d’une intention à une autre avec précision.
  • Ensuite, il y a la notion de décomposition du jeu : savoir accomplir un mouvement, un déplacement, en mobilisant une partie du corps après l’autre, chaque partie étant porteuse d’un sens bien précis. Cela oblige l’acteur à se familiariser avec chacun de ses muscles : laisser en repos ceux qui ne sont pas utiles et dessiner son jeu en finesse toujours en contact avec ses sensations et conscient de ce que chaque mouvement veut dire exactement.
  • C’est aussi la gestion de l’espace : c’est-à-dire sentir la distance adéquate entre les partenaires et à l’intérieur de l’espace scénique. À quelques centimètres près le sens de ce qui se dit peut basculer dans tout autre chose.
  • C’est aussi savoir maintenir un arrêt sur image sans tomber dans la rigidité, étant conscient de la posture dessinée par son corps au moment de l’écoute. Par exemple : pouvoir encaisser le jeu de l’autre sans anticiper sur la réponse qu’on veut lui apporter ; une façon d’être plus clair et plus efficace au moment de l’action.
  • C’est également savoir dissocier la direction de son regard, car dans le jeu masqué le regard de l’acteur emporté par la nuque va « cueillir » régulièrement le regard de quelqu’un dans le public pour lui raconter l’enjeu de ce qui se passe pour lui sur scène. Être à la fois identifié à un personnage et en légère distance, ce qui permet de « raconter » au public et de rejoindre la notion de conteur.
  • Et puis ce sont les ruptures avec les passes d’armes rapides comme l’éclair, qui deviennent réflexe des jambes et du corps, « sans consultation », car l’urgence est telle que la fulgurance s’impose. Puis à nouveau c’est l’immobilité, l’arrêt sur image pour reprendre son souffle où l’on revient à la capacité de réflexion pour capter la prochaine émergence qui va surgir dans le « champ » sorte d’espace électrique ou de vide, d’où va naître le prochain choix qui va guider ou infléchir le jeu.

Je me rends compte que sur le papier, ce travail peut sembler un peu compliqué, mais c’est vraiment dans l’expérience que tout devient limpide.

Le masque neutre, c’est, finalement, l’apprentissage de la présence au monde, de l’état d’éveil, instant après instant. (On rejoint la notion d’« ici et maintenant » de la Gestalt, des arts martiaux, du travail au trapèze pour les gens du cirque.) S’il n’y a pas, pour nous, le réel danger physique, il y a la même notion d’urgence et d’implication.

Je dirais également que la respiration est un élément moteur essentiel, pour garder l’énergie, la faculté de contrôle dans les situations limites, et la détente qui permet de laisser venir les images. Cette respiration peut être ventrale ou plus haute dans la poitrine à certains moments, rapide ou lente et profonde, mais toujours vivante. Le public peut la voir fonctionner sur le corps de l’acteur, car il n’y a pas de costume dans ce travail, juste des habits simples, près du corps, et les cheveux sont cachés sous des collants noirs noués sur la tête.

Pour conclure la présentation de ce stage, je voudrais ajouter que le masque neutre permet à celui qui le pratique de laisser tomber tous les gestes accessoires, ou explicatifs, toutes les fioritures (tentations auxquelles personne n’échappe !). Ce travail apporte énormément de plaisir : un sentiment de puissance et d’adéquation, la permission d’une audace contrôlée, qui permet de jouer des situations fortes en pleine conscience et avec un sentiment de liberté victorieuse dans une mise en acte claire grâce à laquelle l’imaginaire peut se déployer. Quand les outils sont bien affûtés, j’ajoute la musique qui apporte la pulsation rythmique et un univers qui encourage l’âme.

Les deux jours suivants sont destinés au strip-tease clown

 

Itinéraire

On prend le train à la gare Montparnasse direction Le Mans. On descend à la gare de Nogent-le-Rotrou. Il est souhaité d’arriver la veille à Nogent entre 20 h et 20 h 30, Rosine et Soshène vous attendent à la gare, on mange dans un petit bistrot bon marché et délicieux qui se trouve juste à côté de la gare, puis on vous emmène en voiture sur les lieux du stage, qui commence à 10 h, le lendemain matin.

Pour ceux qui viennent en voiture, : Rosine vous explique le chemin par téléphone et vous envoie un plan.

Apporter un leggins ou un pantalon confortable noir, de préférence, et des chaussures souples plates. (Éviter les semelles en caoutchouc.)

Le dernier jour, le stage se termine vers 16 h, à préciser avec les participants pour le obligations de TGV, train…)