Strip-tease-clown
- 1ère bouture : les 24, 25, 26, 27 mai 2012
- 2e bouture : les 15, 16, 17, 18 novembre 2012
Stage en résidentiel
2 X 4 joursLieu : Le Perche en Normandie.
(À 170 km de Paris.)
Dehors les soirs d’été, chez ma grand-mère où nous passions les vacances, lorsque j’étais enfant, je donnais une « représentation de danse » sur la terrasse devant la famille rassemblée.
La musique de mon petit tourne disque caché dans les buissons, parée de quelques châles, un chapeau, des chaussures, j’avais trouvé le moyen de toucher les miens au cœur, de leur faire « cadeau de mon âme » encouragée par les mélodies que j’avais scrupuleusement choisies.
En retour, je recevais dans les yeux qui me regardaient une sorte de « oui », je voyais sur les lèvres de ce public familial un léger sourire de permission ou d’adhésion qui me permettait d’être moi-même, une fille.
Cette tentative de consolation dans les yeux d’un public a été le premier déclic dans mon choix de devenir comédienne et par la suite psychothérapeute.
Le théâtre pour me redonner confiance, redéployer mon plumage, sentir la joie dans mon corps, structurer mes états chaotiques, créer de la beauté, la thérapie pour donner du sens et m’aider à trouver ma vraie place. J’avais tant besoin de rassurer mon narcissisme blessé, de me rendre à moi-même un pouvoir perdu, une façon de « reprendre les commandes » ; d’être payée en retour d’un trésor dérobé.
C’est ce souvenir d’enfance qui m’a inspirée pour la création de ce stage : Strip-Tease-Clown, une permission d’offrir dans l’instant, protégée par la distance de la scène et soutenue par la musique, quelque chose de la fulgurance d’une quête intime, un rituel, une flamme, un rideau déchiré, un aveu.
L’histoire se raconte sur la musique grâce au parcours et au délestage des vêtements qui sont costumes de théâtre, tissus, matières diverses, maquillage, perruques, qui nous métamorphosent en créature au moment de notre entrée sur le plateau.
Puis, toujours sur la musique, le corps se dit et les vêtements lâchés ou déposés dans l’espace comme des peaux nous parlent.
L’enjeu n’est pas d’arriver à la nudité (bien que celà ne soit pas interdit), mais plutôt « d’enflammer » l’imaginaire du public ; partager avec lui un sacré secret, un secret sacré.
Le debriefing et les feedbacks ont lieu dans un deuxième temps.
La musique est imposée par surprise, l’officiant, créature clown, l’accueille comme partenaire et, grâce au choc de la différence, fait jaillir le feu et le plaisir de l’improvisation.
Dans ce stage, les échanges sont nombreux, le travail de Gestalt intervient quand il est nécessaire. Émergent souvent les thèmes de la sexualité, du désir, de l’énergie vitale dans sa liberté, dans ses blocages, ces histoires dancées pourraient s’appeler prière, exorcisme de l’inacceptable, rituel de guérison, célébration des âges de la vie… enfance, adolescence, vieillesse, naissance, mort, imaginaire d’un au-delà. Univers sacré transcendé par le costume et le nez du clown.
Et, bien sûr, la musique joue le rôle du grand facilitateur, tantôt scande le travail, donne la pulsion, installe un univers, apporte l’élan, encourage l’audace et la joie de se laisser emporter.





